Solidarité avec les habitants des bidonvilles de Bobigny

Merci de faire circuler sur vos réseaux.

Nous allons avoir besoin de votre aide pour mobiliser afin d'éviter les expulsions.

Cordialement Véronique DECKER

 

Directrice de l'école Marie Curie à Bobigny.

 

A l'école Marie Curie sont scolarisés tous les enfants du bidonville des Coquetiers montré dans la vidéo ci-dessus.

 

Si vous souhaitez participer aux futurs mobilisation, merci de nous envoyer un mail

bobignyrombulgares@gmail.com

 

 

PARLONS DES "ROMS"

Qui sont ils ? Il y a beaucoup de gens différents qui se disent Roms, mais souvent, on emploie ce mot pour désigner des gens qui viennent de Roumanie ou de Bulgarie qui habitent  dans des bidonvilles. Ils sont issus d'une population qui a des relations avec les Gitans et Manouches français, les Sinti allemands... Leur langue est commune, avec des variantes. Dans les pays d'Europe de l'Est,  les Roms sont rejetés et victimes d'un racisme très fort. En Roumanie jusqu'au 19eme siècle, ils avaient un statut d'esclave.

Pourquoi viennent ils en France ? Ils émigrent, car ils cherchent pour eux et pour leurs enfants une vie meilleure. Dans leurs pays d'origine, ils ont du mal à trouver du travail, à trouver une place à l'école pour leurs enfants, à trouver un logement. Ils ne sont pas différents des autres immigrés qui sont venus en France, tout au long du XXème siècle pour les mêmes raisons (Polonais, Italiens, Espagnols, Algériens, Marocains, Maliens, Mauritaniens, Sénégalais, ...) Tous fuyaient la misère de leur pays d'origine. L'exode rural au début du XXème avait aussi poussé les paysans de toutes les régions de France dans une "zone" qui ressemblait très fort aux bidonvilles d'aujourd'hui.

PARLONS DES BIDONVILLES

Bidonville algérien à Nanterre
Bidonville algérien à Nanterre

Pourquoi vivent ils dans des caravanes ou des cabanes ? Comme la plupart des immigrés, les derniers arrivés ont bien du mal à trouver un logement, et nombre d'immigrants ont vécu dans des bidonvilles, que la France a réussi à résorber en construisant de 1920 à 1970 de très nombreux logements sociaux. Mais depuis trente ans, il y a de moins en moins de logements sociaux construits et tout le monde a du mal à se loger. Les derniers arrivés se retrouvent en bidonville, comme les Algériens dans les années 60 ou les Portugais dans les années 50...

Pourquoi les bidonvilles sont sales ? Sans eau, il est plus difficile de se laver et de nettoyer sa maison, sans WC ni tout à l'égout, il est compliqué de laisser les alentours propres, avec un nombre très insuffisant de poubelles, il est impossible d'évacuer les déchets : souvent les terrains n'ont que 3 ou 4 containers pour plusieurs centaines de personnes, alors que chaque pavillon de 4 personnes en a deux... Les déchets attirent les rats, et la saleté s'installe

PARLONS DES EXPULSIONS

Bidonville Roms à Bobigny
Bidonville Roms à Bobigny

Est ce que les expulsions règlent les problèmes de logement ? En expulsant les miséreux des bidonvilles, on ne règle aucun des problèmes que le bidonville pose. Comme les autres immigrants, les Roms ne peuvent pas se réinstaller dans un pays d'origine dans lequel ils n'ont ni projet ni avenir. Lorsqu'ils sont expulsés de force, ils repartent et reviennent, car ils sont européens et peuvent circuler en Europe comme tous les citoyens des pays européens. 

Est ce que les expulsions permettent aux familles de s'intégrer ? Les expulsions sont très destructrices, en particulier pour les enfants qui interrompent sans cesse leur scolarité lorsqu'ils sont parvenus à être inscrits dans les écoles. En effet, même en France, pays des Droits de l'Homme, alors que toutes les générations d'immigrés ont toujours été accueillies à l'école publique, il y a des villes qui refusent d'inscrire les enfants des bidonvilles parce que leurs parents n'ont pas de toit.

Bobigny a toujours accepté que les enfants s'inscrivent à l'école, quelle que soit la situation de leurs parents. C'est pour nous une fierté.  Les expulsions et les refus de scolarisation créent une sous-enfance, une sous-humanité, alors que nous nous étions promis d' être tous libres et égaux en droits. Les expulsions interrompent les suivis médicaux, les contacts associatifs, empêchent les adultes de trouver du travail .... Les expulsions aggravent la précarité.

POURTANT, DES SOLUTIONS HUMAINES EXISTENT !

Bidonville portugais à Champigny
Bidonville portugais à Champigny

Depuis 10 ans, des Roms vivent à Bobigny, sur des terrains dont ils sont expulsés, toujours précaires. Jusqu'à cette année, ils n'étaient pas autorisés à travailler en raison de mesures transitoires après l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'UE, et maintenant ils peuvent commencer à trouver des emplois légaux et de vrais logements. Nombre de leurs enfants sont nés en France,  n'ont jamais vécu dans les pays d'origine et ont vocation à devenir français, comme la plupart des enfants d'immigrés le souhaitent. 

Pour résorber les bidonvilles, il faut comme en 1954 que des logements sociaux soient construits pour tous ceux qui en ont besoin, hébergés, mal logés, français et étrangers de toutes origines. Beaucoup de villes n'ont pas construit assez de logements sociaux et parfois, des maires s'en vantent pour être réélus. A Bobigny, nous avons beaucoup de HLM mais ce n'est pas partout comme ici. 

Pour résorber la misère, plutôt que de s'en prendre aux Roms, il faut permettre à tous d'accéder à un emploi légal et correctement rémunéré . Les difficultés économiques que nous rencontrons ne sont pas dues à la présence de quelques milliers de Roms, mais à la délocalisation des entreprises dans des pays sans droits sociaux, à l'accaparement des profits par une minorité d'ultra riches, à la circulation opaque de capitaux qui sont soustraits à l'impôt.  Pour les habitants des bidonvilles, il faut parfois trouver des solutions transitoires en attendant qu'ils puissent trouver emploi et logement, mais l'expulsion n'est en aucun cas une solution. Les bidonvilles doivent être résorbés, mais en permettant à ceux qui y vivent de vivre mieux, pas en les rejetant vers plus de précarité.

ENSEMBLE, DESCENDANTS D'IMMIGRANTS DE TOUTES ORIGINES DE TOUTES REGIONS, NOUS POUVONS CONSTRUIRE UNE VILLE BELLE A VIVRE ET A PARTAGER

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